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L'ASSOCIATION

Sommaire
  1- L'esprit fondateur de l'ASBAF
  2- Les membres fondateurs et premiers adhérents de l’ASBAF
  3- Le bureau en exercice de l’ASBAF
  4- Les statuts de l’ASBAF
  5- Les présidents de l’ASBAF depuis sa création
  6- Les anciens bureaux de l’ASBAF
  7- Point de vue de membre
  8- Comment adhérer et soutenir l’ASBAF ?
   
7- Point de vue : itinéraire d’un membre,
Maître Modeste NJI FENJOU
  Interview réalisée par Serges Ngounga Ngoupou
 
1 – Vous êtes Bamoun, vous travaillez en France. Dites-nous à quand remonte votre adhésion à l’ASBAF ?

 J’ai eu l’information sur l’existence de l’ASBAF le jour de mon arrivée en France pour poursuivre mes études. A ma descente d’avion, mon cousin m’avait emmené chez « Tantine » où nous dégustâmes le plat mythique des Bamoun. Savourer le couscous au déjeuner à Paris, le lendemain de son départ du Cameroun, c’était « un véritable retour au pays natal ».  Pendant le repas, elle nous a parlé de l’importance de la dynamique collective et par voie de conséquence de l’ASBAF. Je lui ai demandé si je pouvais adhérer sans être parisien. C’était possible. Cependant mon adhésion restera très virtuelle pendant les premières années, parce que comme tous les autres Bamoun de Reims, je n’avais participé qu’aux soirées de fin d’année. L’éloignement et les études expliquant cette situation. Depuis 1995, je suis plus fréquent à l’ASBAF, aux réunions et contribue modestement à son rayonnement. Je ne suis plus étudiant, j’aurai pu être de retour au Cameroun, mais, je travaille encore en France et heureux d’être membre de l’ASBAF.

 2 – Comment  était L’ASBAF à votre arrivée ?

A mon arrivée, elle correspondait à un club des nostalgiques, des gens éloignés de leurs racines. Solidarité Bamoun oblige en terre étrangère. On y parlait Bamoun. La plupart des membres étaient de mon âge, et jouaient aux petits vieux en déversant les proverbes à chaque prise de parole, la sagesse de village en terre parisienne ! On y passait de très bons moments. A mon arrivée l’ASBAF était unique en son genre. En son sein, se trouvait un groupe d’amis qui décidait de tout, leurs loisirs correspondaient à ceux de l’association. Ils étaient les inconditionnels de l’association et étaient tous présents à chaque rencontre. Cela a permis de structurer l’association autour d’un noyau dur.

3 – Depuis votre adhésion à l’ASBAF, quelle vision avez-vous du parcours de l’association ?

Au départ, l’ASBAF était axée sur la solidarité en milieu migrant « le mariage, les naissances, le décès, les assurances… ».  Elle a beaucoup évolué. Elle a offert une plate forme pour la création de la chefferie Bamoun en France. Aussi est-elle le lieu de conception, de production et de diffusion de la culture Bamoun. On s’y refuse de faire de la politique, à vous de me dire lequel des Bamoun n’en fait du tout (rire). Un Bamoun sans opinion, vous y croyez-vous. S’il est serpent à deux têtes, n’est-ce pas parce qu’il pourrait avoir aussi plus d’une opinion. (Rire).

4- Quelle est la grande épreuve difficile que l’ASBAF ait rencontrée ?

La scission. Fidèle à la tradition bamoun, l’ASBAF n’a pas pu à un certain moment de son parcours écouter la nouvelle vague des jeunes. Habituée à un rythme bien maîtrisé, elle a longtemps été fidèle aux mêmes activités avec plus ou moins les mêmes fortunes. La peur de l’inconnu et le caractère révolutionnaire de la demande des jeunes l’avait refroidie. Aussi s’est-elle repliée sur elle même pour se protéger. D’où le départ d’un groupe de jeunes pour créer une autre association, l’ASN. Comprenant les réactions de part et d’autre, j’avais soutenu les initiatives des jeunes qui ont d’ailleurs une autre vision de la dynamique communautaire avec des grands projets pour le pays Bamoun, je les ai reçus et j’ai apporté mon aide à l’émergence de leurs idées. Je suis très attentif à ce qu’ils font et me réjouis du partenariat dynamique qui unit l’ASBAF et l’ASN aujourd’hui. 

5 – Quels sont les éléments à améliorer pour le développement de l’ASBAF ?

L’Asbaf avait besoin d’une équipe jeune, dynamique, ouverte sur le monde capable d’écoute parce que l’homme Bamoun est naturellement insoumis même s’il est absolument royaliste. Dites-vous que pour rassembler des gens qui se prennent individuellement pour « une armée qui remportera la guerre », cela n’est pas du tout évident. L’insuffisance de l’expertise au sujet du développement du pays Bamoun fait que l’Asbaf n’a favorisé ou enregistré aucun jumelage aujourd’hui. Pourtant, il y a bien 36000 Communes en France avec les bras bien tendus à moins que ceux du pays Bamoun soient bien croisés. L’ASBAF est quand même le foyer des élites Bamoun de France. 

 6 – Quelle vision de l’ASBAF pour les 10 prochaines années ?

L’ASBAF a prouvé son utilité sur plusieurs plans et son bilan est globalement positif. Elle est aujourd’hui pour l’essentiel, une niche de solidarité positive, d’accueil, d’accompagnement, de soutien, de partage, d’intégration et de diffusion de la culture Bamoun. Il faudrait qu’elle devienne aussi une niche de co-développement et conseil d’orientation et d’insertion professionnel des jeunes ressortissant du Noun. La nouvelle équipe s’inscrit dans la prospective. Elle n’est plus tournée vers le passé, mais résolument vers l’avenir.

Elle s’est engagée en plus de ses missions classiques de solidarité  de réfléchir sur :

-         Le devenir de la communauté Bamoun de France et d’Europe
-         L’intégration et l’insertion économique du Bamoun en France

-         La prospective socio économique du pays Bamoun
-         Le renouveau de la coopération décentralisée (France-Noun)
-         Le soutien aux ONG actifs dans le département du NOUN
-         La redynamisation de la langue Shù Mum au moyen du financement structurel de l’enseignement
-         L’enseignement de l’histoire Bamoun aux enfants de France
-         La construction du centre culturel Bamoun à Paris

Cette tournure qui fera de l’ASBAF une plate forme de réussite de l’immigration Bamoun en France comme l’avaient rêvé les fondateurs. Aujourd’hui plus qu’hier, l’ASBAF attire de plus en plus. Tous les âges se fréquentent dans le respect de nos traditions. La tradi-modernité Bamoun en France est une réalité. Aussi essayons-nous  d’être utiles ici et là bas via l’ASBAF.

 


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