PRESENTATION
DE QUELQUES RYTHMES
MEDU GBARA
CHant de la jeunesse, sobre par sa partie
instrumentale constituée (Mvet : sorte de guitare
des poètes Bamoun) d’une raclette et d’un hochet.
C’est la chanson populaire par excellence, accessible
a tous, elle est aussi la plus dynamique, car c’est elle
qui offre le répertoire le plus varié. dans
la société Bamoun ancienne.
Avant la découverte de l’écriture,
ces chants populaires constituaient les éléments
fondamentaux de l’éducation parce qu’il étaient
les plus riches. On y trouvaient des éléments
d’histoire, des information politiques et toutes sortes
d’information traitant de la vie sociale et quotidienne.
Le Prince NJI GNAMBI NFOUAPON
YAYA
‘’ ME NSUT RO’ LUM NJA ‘’
Le chant ‘’ Me nsut ro’- lum - Nja’’nous
laisse au centre de son histoire. Le 11ème roi
des Bamoun Mbouombouo de son vrai nom Monfôpa’ s’était
rendu en guerre contre les Bangurèn (un village
situe à 50 km de Foumban). Les combats furent si
rudes que le roi battit en retrait……
Apres mures réflexions, le roi Mbouombouo fit battre
le grand tambour de rassemblement
‘’ NKINDI’’.Lorsque les combattants Bamoun furent rassemblés
en bataillon à la grande cour du palais, le roi
leur annonça encore la guerre contre les Bangurèn
car guerrier de sang, il n’acceptait pas de pareil forfait.
Las et inquiet parce qu’ils savaient
que les bagurèn étaient des braves guerriers,
les Bamoun hésitaient à suivre leur monarque.
Alors, le roi ordonna que tous ceux qui ne participeront
pas à cette expédition seront jugés
et punis par le ‘’ Mutngu’’.( société secrète
de la justice Bamoun).
Arrivés sur le champs de bataille, les hésitations
d’attaques se firent sentir et le roi convoquant secrètement
Ndam Nkam-Nkam ( le joueur de Munjem ndu ( double cloche
de guerre) et lui dit :’’ tu profiteras de la nuit pour
aller te cacher au milieu du village Bagurèn c’est
- à - dire dans le camp adverse ; puis au lever
du jour tu sonnera le Munjemndu a partir de ta cachette’’.
Le lendemain à heure convenue Ndam Nkam-Nkam joua
l’instrument de guerre. Entre temps le roi MBOUOMBOUO
s’était aussi trouvé une cachette sans que
ses combattants ne sachent ; lorsqu’il entendirent le
son de la cloche, ils s’affolèrent et crurent que
le roi était déjà entrain de combattre
les Bangurèn tout seul. Les Bangurèn aussi
pensèrent qu’ils étaient déjà
encerclés par l’ennemi ; pris de panique, ils levèrent
pieds et s’enfuirent. Pendant ce temps, les Bamoun les
poursuivirent, les tuèrent et finalement remportèrent
la victoire.
Tout en combattant, le roi entonna cette
chanson pour encourager ses combattants :
‘’ ME NSUT RO LUM – NJA ‘’ mot à mot signifie :’’lièvre,
feu de brousse, Nja ( élan ) sorte d’antilope géant
grand comme un cheval ‘’.
En d’autres termes, le lièvre
selon la tradition bamoun est un animal très intelligent
que les bamoun considèrent comme le roi des animaux
à cause de sa sagesse.
Le Nja (élan) est aussi un animal
très puissant, fort et intelligent aussi parce
que quand les chasseurs mettent une brousse à feu,
ou quand il est blessé, il se couche parfois et
fait le mort jusqu´à ce que le chasseur imprudent
s’approche et d’un coup de patte ou de corne l’éventre….
Dans ce récit, le roi Mbouombouo
est considéré comme le lièvre ( animal
intelligent) parce qu’il avait eu l’intelligence de se
retirer quand il avait compris qu’il ne vaincrait pas
les Bangurèn .
Il est aussi vu comme l’élan ( puissant et intelligence)
parce qu’il a mûri son idée pendant deux
ans et surprend enfin l’ennemi qui le croyait déjà
battu. Il a ainsi vaincu les Bangurèn grâce
à la ruse et la force.
NB : Seul le roi des Bamoun entonne cette chanson et sonne
enfin le Munjemndu qui parle aussi à ceux qui savent
l’écouter.