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SOCIETE CIVILE ET DEVELOPPEMENT
Pillage
à ciel ouvert : Yaou Aissatou brade la Scan à
Foumbot |
Le directeur général de
la Sni a décidé de la mise en vente de certains
matériels de la Société des conserveries
alimentaires du Noun (Scan). Méprisant au passage
le Conseil d’administration et les administrateurs. Alors
que les populations attendent le redémarrage des
activités de la société.
La scène se passe de tout commentaire ce 7 février
2006 à Foumbot dans les locaux de la Scan, une
entreprise montée pour conditionner la tomate
fraîche dans cette bourgade du département
du Noun, zone reconnue comme étant l’un des greniers
du Cameroun. Comme seuls savent le faire les huissiers
de justice, 4 cadres de la Société nationale
d’investissement (Sni) s’activent à brader de
la ferraille, des fûts vides et même du
matériel roulant appartenant à la Scan.
Le quatuor ne recule devant rien pour accomplir sa mission
de pillage systématique d’un patrimoine acquis
au prix de nombreux sacrifices. Ils sont bien escortés
dans leur besogne puisque Ferdinand Yene Koungou, juriste
expert, Arrounie Etong Nguele, comptable, Joseph Claude
Omgba, chauffeur, Agathe Ngo Minka, employée
de bureau tous en service à la Sni, jouent les
commissaires priseurs. Ils agissent sur la foi des ordres
de mission signés de Mme Yaou Aissatou, directeur
général de la Sni. Si cette action, du
moins illégale pour certains, fait des heureux,
- l’équipe de la Sni avait déjà
collecté 20 000 000 de francs Cfa le premier
jour, telle n’est pas le cas de la plus grande majorité
de la population, notamment des paysans regroupés
au sein de la Coopérative des producteurs vivriers
du Noun (Coprovinoun). C’est par ailleurs cette coopérative
qui joue l’agent d’exécution de l’entrepôt
de stockage et de conservation des denrées alimentaires
de Foumbot, chapeautée par El Hadj Kouotou Amadou.
C’est également ce dernier, sentant la braderie
se tisser, qui n’a pas hésité à
saisir ce jour les autorités locales ainsi que
le président du Conseil d’administration de la
Scan, Moïse Mouche. La réaction des populations
ne s’est pas fait attendre. Tout le département
est sur le pied de guerre. Il faudra même l’intervention
des forces de l’ordre pour calmer la colère des
fils du Noun contre cette liquidation clandestine engagée
par la Sni.
Société d’économie mixte, la Scan
avait été conçue comme un projet
de revalorisation industrielle de la tomate fraîche.
La Sni détient 49% de son capital tandis que
le reste du capital revient aux coopératives
et à plus de 300 actionnaires privés dont
la majorité est originaire du département
du Noun. Le projet a été mis en place
par Simon Ngann Yonn de regretté mémoire.
L’installation des organes de gestion a suivi, l’usine
aussitôt montée, et la campagne agricole
lancée. Malgré une légère
augmentation du coût du projet, ce dernier n’avait
pas souffert de la dévaluation du Fcfa. D’ailleurs
à en croire Camille Moute A Bidias, alors administrateur
de la Scan au compte de la Sni en 1990, le projet était
un bon risque et dégageait un léger bénéfice
dès la première année d’exploitation.
La fierté des populations du Noun s’est exprimée.
Et l’adhésion fut totale à ce patrimoine.
Ce d’autant plus que le sentiment de l’administrateur
Camille Moute A Bidias est suffisamment optimiste quant
à l’avenir du projet : « (…) Son taux interne
de rentabilité est de l’ordre de 21%. Sa trésorerie,
difficile la première année d’exploitation,
devient largement suffisante dès la deuxième
année pour faire face aux emprunts souscrits
et elle donne la possibilité de distribuer des
dividendes aux actionnaires à partir de la troisième
année d’activité » note l’actuel
directeur du Fonds national de l’emploi.
Braderie. C’est donc cette poule aux œufs d’or, symbole
et espoir du dynamisme des populations du Noun que Dame
Aissatou a décidé d’étouffer alors
même que la reprise des activités semblait
imminente. En réalité, celle qui aime
se faire présenter dans les salons huppés
de la capitale comme l’amie intime, la conseillère
et la conceptrice des actions de la Première
dame semble s’être arrimée à la
stratégie mise en place par sa devancière
dès 1992. C’est ainsi que le 8 décembre
de la même année, celle-ci ordonne la fermeture
de l’usine de Foumbot, met le personnel en chômage
technique, neutralise le Pca Urbain Olanguena et l’assemblée
générale des actionnaires et installe
à la direction de l’entreprise 2 expatriés
: Messieurs Lafaye et Van Esten du groupe français
Loma. Par la suite, la décision de remplacer
la tomate fraîche produite par les paysans de
Foumbot par le triple concentré de tomate importé
de France par l’intermédiaire du Groupe Loma
finit par démontrer aux plus sceptiques la descente
aux enfers de cette unité industrielle considérée
comme l’une des performantes du Cameroun. Las but not
de least, les 2 agents expatriés entreprennent
le sabotage de la culture de la tomate dans le Noun
en brûlant les plantations avec des intrants agricoles
mélangés avec des herbicides et en calcinant
les champs avec des engrais mélangés avec
des produits toxiques. Ce crime économique dont
le préjudice est évalué à
plusieurs milliards de Fcfa a été reconnu
en son temps par M. Lompech, président du Groupe
Loma et Ambroise Ondoa Onana, Dga de la Sni et administrateur
délégué de la Scan. Après
avoir rempli leur mission, madame Leduff, toujours du
groupe Loma et titulaire d’un Cap de sertissage sera
chargée de donner le coup fatal à la Scan.
Contrats fictifs, vols des pièces détachées
; surfacturation, facturation fictives, études
fictives, distribution gratuite des fonds et produits
de la Scan, malversations diverses, à l’exemple
de cet agent qui assure, simultanément et sans
aucune honte, des fonctions administratives, financières
et comptables. Le résultat ne peut qu’être
catastrophique : les dégâts sont inqualifiables
et l’endettement faramineux. L’on parle de près
de 7 milliards de Fcfa auquel il faut ajouter les dettes
commerciales et fiscales. Conclusion le nouveau Dg de
la Sni n’a rien entrepris pour sauver ce qui pouvait
encore l’être. Au contraire, Yaou Aissatou, avec
l’agilité d’un renard dans un poulailler, vient
d’entreprendre la mise à sac de la Scan, qui
n’est pourtant pas une propriété exclusive
de la Sni.
La braderie de la Scan aujourd’hui à Foumbot
semble relever d’un plan machiavélique savamment
orchestré pour des intérêts bassement
égoïstes. Et devant un gouvernement laxiste,
le petit peuple n’a plus que ses yeux pour pleurer.
Et pourtant, la création de la Scan avait été
accueillie avec beaucoup d’enthousiasme, car étant
perçue comme un instrument d’enracinement et
de rassemblement des populations de la localité.
C’est dans cette mouvance que le feu sultan El Hadj
Seidou Njimoluh Njoya était le premier à
souscrire au capital de la société, à
hauteur d’un million de Fcfa. Une action qui fera tâche
d’huile auprès de ses sujets qui, par centaines,
deviendront les actionnaires de la Scan. Une Scan qui
malheureusement a été arrachée
à ses légitimes propriétaires et
confisquée par la Sni qui aujourd’hui a décidé
autrement de tuer cette unité industrielle, au
moment même où le chef de l’Etat entend
fermement monter d’un cran dans la lutte contre la pauvreté
et les détournements des deniers publics. A qui
profite le crime ? Certainement pas à l’Etat
du Cameroun, encore moins aux laborieuses populations
du Noun. A cette question, Yaou Aissatou devrait apporter
une réponse, elle qui justement s’active à
mettre ce patrimoine dans les oubliettes et partant,
pousser l’exaspération des fils du Noun au point
culminant. N’est-ce pas là les ingrédients
de la rupture d’une paix sociale chère au promoteur
des Grandes Ambitions ? Affaire à suivre.
Charles Nwé
La Nouvelle Presse N°251
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La
famine menace le Nord du Cameroun |
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| 25 000 personnes
victimes de la désertification
Mercredi 7 juin 2006, par Panapress
Dans le Grand-Nord du Cameroun, le désert avance
inexorablement. La dégradation de l’environnement
dans la région entraîne l’insécurité
alimentaire. Résultat : 25 000 personnes seraient
aujourd’hui menacées de famine.
La désertification est la cause principale de la
famine qui menace près de 25 000 personnes dans
le Grand-Nord du Cameroun, a-t-on appris au cours d’une
table ronde organisée lundi dernier à Yaoundé
à l’occasion de la 33ème Journée
mondiale de l’environnement. Au Cameroun, les organisateurs
ont placé cette année la Journée
sous le signe de la sensibilisation et de l’information
sur les conséquences de la dégradation de
l’environnement dans les zones arides avec un appel à
l’implication de tous dans la lutte contre ce phénomène.
La table ronde, sur le thème « Désert
et désertification, ne désertons pas les
terres arides », a permis de cerner les particularités
du Cameroun où le phénomène de la
désertification se pose en termes différents
selon les régions. Alors qu’au Sud, Centre, Ouest
et Nord-Ouest le pays dispose encore d’une couverture
végétale dense et variée, dans le
Grand-Nord, le désert avance à grands pas.
Cette région est en effet caractérisée
par la rareté des précipitations avec une
saison sèche s’étalant sur plus de sept
mois à Maroua et seulement environ 200 millimètres
d’eau par an.
La population concernée
Malgré leurs efforts, les autorités constatent
que dans cette région, la dégradation de
l’environnement se poursuit à un rythme accéléré,
entraînant la dégradation des sols, l’insécurité
alimentaire, des problèmes entre éleveurs
et agriculteurs, des mouvements de transhumance, des problèmes
d’approvisionnement en eau et des maladies hydriques.
La table ronde de Yaoundé a indexé l’homme
comme le principal destructeur de l’environnement, les
besoins de survie l’amenant souvent à faire un
usage abusif des ressources naturelles.
Aussi, les populations ont-elles été invitées
à s’approprier les questions d’environnement pour
stopper la calamité qui les guette. Il a également
été suggéré que les programmes
de lutte contre la désertification ne se focalisent
pas seulement sur le reboisement. Il est important de
trouver une alternative qui prenne en compte les besoins
des populations, a souligné un participant, qui
a estimé qu’il ne suffit pas de demander aux populations
de ne pas couper le bois de chauffe quand elles ne peuvent
pas avoir accès au gaz domestique, préconisant
la baisse du prix du gaz pour que le bois soit préservé.
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