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LE PEUPLE
&
LE PAYS
BAMOUN
 

 

 

 

LE PEUPLE & LE PAYS BAMOUN

I-PEUPLE ET POLITIQUE

Cette page a été réalisée à partir des informations provenant du site royaumebamoun.com ; merci à son administrateur Ernest Moluh
   
  I.1-Formation du royaume
  I.2- Histoire du peuple Bamoun
  I.3- Dynastie royale
  I.4- Le roi Njoya
  I.5- L’équipe royale en place
  I.6- Les membres de la chefferie Bamoun en France
   
II-ART ET CULTURE 
   
Sommaire
  II.1- Symboles et armoiries Bamoun
  II.2- Les fêtes chez les Bamoun
  II.3- L’écriture Bamoun
  II.4- Sauver l’écriture Bamoun
  II.5- Rythme et genres chez les Bamoun
  II.6- L’art dans le royaume
 
 
 

II.2- Symboles et armoiries Bamon

SYMBOLES ET ARMOIRIES BAMOUN

ORIGINE ET SIGNIFICATION DU SERPENT BICEPHALE BAMOUN

Des rumeurs malveillantes ont accrédité l’idée que les Bamoun sont représentés par le symbole du serpent à deux têtes parce qu’ils sont particulièrement faux et tiennent le double langage. On ignore la source exacte de cette explication qui, sérieusement, ternit l’image de marque du peuple Bamoun. Il faut dire que certains Bamoun peuvent avoir contribué à rependre cette explication fallacieuse du symbole du serpent bicéphale.

Certes, les traditionalistes locaux se sont efforcés de rétablir la vérité depuis des années. Des intellectuels comme Tita Isaac PA’Re ont aussi tenté de restituer l’origine exacte du symbole du serpent bicéphale.

En effet, le serpent bicéphale trouve naissance de la guerre de MAPOU qui a lieu vers le début du XIX siècle entre le roi MBUEMBUE d’une part et les POU de l’autre qui occupaient toute la zone située entre le centre commercial de Malentuen et la rive droite du fleuve Mbam jusqu’à Ripa dans la région qui ferait face à la ville dite Ngambé Tikar.

Les Bamoun se battaient contre les POU depuis quelques années. Mais ceux-ci résistaient farouchement. De plus, ils disposaient d’un monstre effrayant conçu pour semer la terreur dans le camp adverse chaque fois que ces envahisseurs acculaient les autochtones dans leur dernier retranchement. Le monstre était appelé Sânumpût (haut jusqu’à mordre le ciel). Comme son nom l’indique, il s’agissait d’un reptile artificiel géant qu’on utilisait de telle sorte qu’il passait la tête au delà des branches pour descendre menacer les guerriers Bamoun.

Comme on peut l’imaginer, la bête des POU les sauva d’une débâcle à plusieurs reprises. Mais un jour, MANCHOU, le serviteur du roi de MAPOU qui avait conçu l’engin infernal fut sévèrement réprimandé par son roi à cause d’une vague histoire de repas au palais.

MANCHOU, vexé et brisé dans son amour propre fit défection et passa un jour dans sans le camp du roi MBUEMBUE a qui il dévoila le secret du Sânumpût et lui fit la démonstration devant les guerriers au palais de Foumban.

L’année suivante, quand les pluies cessèrent, le Roi MBUEMBUE repris sa campagne contre les MAPOU. Cette fois-ci aucun attaquant Bamoun ne recula quand on sortit le Sânumpût. Les POU furent vaincus. Comme récompense, MANCHOU devint un grand notable du palais Bamoun. Le roi MBUEMBUE l’installa au quartier MANKA’ a quelques cent mètres de l’actuel site de l’hôtel Beauregard. Chaque fois que le roi nomme un nouveau Tupânka, chef de l’armée traditionnelle, c’est chez MANCHOU qu’on le conduit pour faire la fête et offrir un grand festin à la population. Le nom de MANCHOU fut aussi introduit dans la musique de guerre dite MBANSIE dont les cloches" parlent" en ces termes MANCHOU fée Nguon ne ? MANCHOU de la campagne".

Au moment où les MAPOU étaient sur le point de perdre cette guerre, on vint annoncer au roi MBUEMBUE que d’autres peuples l’avaient attaqué sur la frontière Ouest au bord du NOUN. Il s’agissait des Mgbètnka’ appuyés par les Mère. Le roi envoya un contingent de ce côté-là pour stabiliser la situation. Quand in battit le roi Pou qui traversa le Mbam dans une pirogue pour s’installer au delà de la rive gauche, le Roi se porta sur les bords du Noun avec le gros des forces et il battit l’alliance Mgbetnka et Mère. Ceci donna naissance au proverbe Bamoun qui dit Mgbétnka ka fè nzâ Mère" (les deux peuples qui furent vaincu)."

C’est à la suite de cette double victoire que le roi Mbuembue eut l’idée de célébrer son triomphe par un symbole qui représenterait sa double victoire.

Nous pensons que le monstre reptile de Sânumpût inspira l’idée d’un serpent bicéphale plutôt que d’un lion ou d ‘une panthère à deux têtes.

On sculpta désormais ce symbole sur les lits, les sièges et d’autres objets royaux exclusivement. A notre avis ce serpent n’était initialement que le symbole d’une seule personne, le roi des Bamoun et non de toute la population. Par ailleurs, si quelqu’un d’autre s’amuse à porter ce symbole sur une de ses objets il courait le risque d’être condamné à mort.

Le serpent bicéphale est le symbole de la double puissance du roi MBUEMBUE. Toute autre interprétation de ce signe est fausse et mal venue.


SA. Dr NJIASSE NJOYA


LE NKINDI

Le ‘’ NKINDI ‘’ est un grand tambour d’appel de forme cylindrique. Il a une envergure de 6 mètres et un diamètre de 1,50 m. environ.

Lorsque le roi fait frapper le NKINDI, c’est convoquer ses sujets pour leur dire de se préparer pour la campagne armée. Les gens prévoient des produits qu’ils consommeront au cours de la guerre : farine de maïs, bananes séchées (mbîguom) et pâtes de toutes sortes.

Il n’existe qu’un seul NKINDI dans le royaume bamoun. Ce sont des enfants qui jouent de ce tambour avec des pierres.

Huit jeunes gens désignés frappent ce tambour avant le lever du jour. Les guerriers affluent vers le palais dès qu’ils entendent l’appel du NKINDI et ils se massent par quartier en un grand arc de cercle autour de l’entrée principale du palais pour attendre le roi. Celui-ci sort plus tard, suivi par de nombreux guerriers armés jusqu’aux dents. Les prix reines dites’’ NEH MGBIEFON ‘’ cheftaines du harem – se tiennent aux côtés du roi selon leur origine géographique (les trois Reines habitant l’aile Nord du palais à la gauche du roi et les trois de l’aile sud à la droite du souverain).

La cloche de guerre ‘’ MUNJEMDU ‘’ est portée devant le roi par un notable. Lorsque le roi sort du palais, les troupes des 8 quartiers de Foumban viennent à tour de rôle lui présenter les armes dans l’ordre suivant :
 

1- Quartier NUIYOUOM
2- Quartier MANKA

3- Quartier MFENTAIN

4- Quartier MAMBEN

5- Quartier NJINKA

6- Quartier NJINTUT

7- Quartier NKOUNGA

8- Quartier NJISSE

 

Après la revue des troupes, le roi entonne le chant de guerre puis il sonne le cloche ‘’MUNJEMDU’’. Les guerriers poussent des cris et heurtent leurs machettes pour mimer le combat. Il arrive aussi que le même jour les bamoum chantent aussi ‘’NGU PA MBAM’’ (NGU des gens de NDITAM), leurs frères partis de RIFUM en même temps que le fondateur du royaume bamoum.


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